Un logement ancien à Cavaillon a rarement fait l'objet d'un bilan thermique digne de ce nom, et le parc immobilier local s'y prête particulièrement. Selon l'INSEE, 26,8 % des résidences principales de Cavaillon ont été achevées entre 1946 et 1970, et 33,2 % entre 1971 et 1990, ce qui représente une majorité du parc construite avant les premières réglementations thermiques réellement performantes (source : INSEE : Dossier complet, commune de Cavaillon).
Deux profils de bâti cohabitent en réalité. Le centre ancien, en pierre calcaire à murs épais, présente une forte inertie thermique : il se réchauffe et se refroidit lentement, ce qui demande un dimensionnement spécifique, très différent d'une construction récente. Les quartiers plus récents, comme Docteur Ayme, Les Condamines ou Saint-Martin, ont souvent une isolation d'origine minimale, pensée pour une époque où l'énergie coûtait peu et où le confort d'été n'était pas une priorité de conception.
Sans bilan thermique, on climatise à l'aveugle un bâti qu'on ne connaît pas vraiment, avec le risque de reproduire dans le neuf les mêmes défauts que dans l'ancien : mauvais emplacement, puissance mal calée, confort décevant malgré la dépense engagée. C'est particulièrement vrai pour les maisons individuelles, qui représentent 43,7 % du parc cavaillonnais et où chaque pièce a souvent sa propre exposition.